Le P�re Schuind a sans doute eu des milliers d'�l�ves. J'ai la chance d'avoir �t� l'un d'eux.
Nous �tions une classe joyeuse et tonitruante de 32 �l�ves ou plut�t d'adolescents sans loi ni foi.
Je ne sais si avant d'entrer dans l'ar�ne, le P�re Schuind �prouvait de l'anxi�t� ou de la jubilation int�rieure.
D�s son entr�e, il nous lan�ait des pistes : Nietzsche, Camus, St Augustin.
Il attendait patiemment le retour de la classe.
La discussion prenait forme via Socrate, Platon et autre Sartre, mais Gainsbourg et autres comp�res s'invitaient aussi.
J'�tais � cot� de lui dans une classe dispos�e en carr�.
Je pouvais percevoir ce contr�le, cette retenue toute enti�re tendue vers l'�coute et la sollicitation de ses 32 �l�ves.
Il ne laissait personne en dehors de la discussion. Pas m�me sa propre passion.
Cette �bullition int�rieure prenait place mais il la contenait et tr�s vite c'�tait toute la classe qui �tait engag�e dans cette chasse aux tr�sors.
Il n'y avait pas de conclusion, juste ce vide �tonn� et le P�re Schuind nous laissait avec cet oeil limpide et ce sourire lumineux.