Association royale des anciennes et anciens élèves du centre scolaire Saint-Benoît Saint-Servais
 
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Echos 34

Sommaire

Notre voyage en Equateur
Petit historique d'une belle aventure humaine
Et si voyager rimait aussi avec interculturalit� ?
Carnets de voyage�
Dimanche 24 octobre, premiers pas en Equateur
Jeudi 28 octobre, quatre jours avec les Iles de Paix�
Dimanche 31 octobre, les ateliers du CEAS
Mardi 2 novembre, la Toussaint
Mercredi 3 novembre, le march� d'Otavalo
Samedi 6 novembre 2004, c'est d�j� la fin�
Les �les de Paix dans la r�gion de Pangor

" L'�cole en f�te "

Des visages BCBG
La Marche de l'Avent des 3�mes
Extrait de la revue "Echos 34"

Notre voyage en Equateur

Petit historique d'une belle aventure humaine

        L'id�e a germ� depuis que les Iles de Paix ont multipli� les informations dans les �coles sur leurs projets install�s en Equateur. Pourquoi ne pas aller pas sur place et y v�rifier " in situ " ce qu'il en �tait, d'autant plus que les �l�ves du Coll�ge connaissent bien la philosophie des Iles de Paix � C'est ainsi qu'au terme de plusieurs rencontres avec les dirigeants de Huy et avec les membres de la direction de notre �cole, un projet de voyage de Rh�to a pu �tre lanc� en octobre 2003. Il s'adressait � l'�poque � tous les �l�ves de cinqui�me. Les conditions de participation �taient rigoureuses. Il fallait �tre bien s�r sensible � la probl�matique du d�veloppement que m�nent les Iles de Paix, �tre pr�t � consacrer d�s la 5�me un temps de midi par semaine � l'�laboration de ce projet mais aussi s'engager � �tudier l'espagnol par soi-m�me au cas o� cette langue ne ferait pas partie des options de l'�l�ve.
        Quinze jeunes, neuf filles et six gar�ons, ont fait le choix de partir en Equateur. Une aventure de plus d'un an car la pr�paration les a tenus en haleine durant de nombreux mois, entre les r�unions � l'�cole, les rencontres plus festives chez l'un ou chez l'autre et un week-end de pr�paration qui reste un excellent souvenir de partage et de complicit� entre tous les participants. Cette fois, nous �tions bien un groupe d'amis, li�s par les m�mes regards et les m�mes questionnements sur le monde qui nous entoure.
        Nous sommes partis pendant quinze jours, du 23 octobre au 7 novembre 2004. Un grand plongeon dans l'aventure avec deux semaines d'immersion presque compl�te dans les communaut�s andines. Aujourd'hui, avec le recul, nos jeunes sourient de leur anxi�t� des premi�res heures. Allaient-ils s'adapter aux efforts exig�s par l'altitude ? Allaient-ils supporter les conditions d'hygi�ne parfois rudimentaires ? Leur estomac allait-il accepter ce r�gime alimentaire de f�ves, de pommes de terre et de fromage blanc excessivement sal� ? Allaient-ils trouver les mots pour communiquer avec ces gens-l� qui parfois ne parlent m�me pas l'espagnol ?
        En fait, peu importe le manque de confort, la simplicit� de la nourriture, la barri�re de la langue. Il suffit d'ouvrir son c�ur pour tout simplement recevoir. Ils connaissent maintenant le prix de l'hospitalit� et de la solidarit� qui ne sont pas de vains mots en Am�rique Latine. Si l'un apporte un peu de lait au fromager, celui-ci partagera volontiers son fromage. Les maisons aux portes et fen�tres ouvertes accueillent le voisin qui passe et si c'est l'heure du repas, il y aura toujours un peu de ma�s � partager. La vie au quotidien t�moigne �galement de la solidarit� qui existe entre les membres de la communaut�. Avoir �t� choisi par la celle-ci pour organiser la vie du village signifie pour l'�lu un honneur et la confiance que chacun lui accorde lui suffit pour seul tribut. Tant de gratuit� nous a souvent laiss�s r�veurs. Ce n'est pas pour rien que chacun a laiss� un bout de son c�ur dans ces villages perdus au c�ur des montagnes andines.

Christiane Goor, professeur d'espagnol.



Et si voyager rimait aussi avec interculturalit� ?
Octobre 2004. Nous �tions 15 rh�toriciens � partir � la d�couverte des Andes �quatoriennes. Deux semaines de voyage, � la rencontre des communaut�s indig�nes qui vivent dans un d�cor fascinant de volcans et de jardins.
Une exp�rience qui nous a men�s au c�ur d'une culture diff�rente et pourtant si proche�

Et si voyager rimait aussi avec interculturalit� ?

        " Interculturalit� ". C'est un beau mot dans la bouche de nos professeurs, mais que signifie-t-il ? Il est dans peu de dictionnaires et pourtant il devrait �tre au centre d'une action que nous appr�cions tous : " voyager ". Il est des voyages qui n'en tiennent pas compte et d'autres qui lui rendent sa signification premi�re. Voici ce qu'il en est de notre exp�rience en Equateur.
        Un coup d'�il, et on se rend compte que le paysage est diff�rent, que la montagne est color�e comme un patchwork, qu'un petit homme v�tu d'un poncho se prom�ne avec � ses c�t�s un lama. Au loin, une musique, une f�te peut-�tre. Un deuxi�me coup d'�il et on entre dans le d�cor. Les musiciens jouent un air du pays, avec une guitare mais aussi un charango, une fl�te de pan et une mandoline. Vous faites partie du d�cor mais pas encore de la f�te. Ne vous contentez pas d'�tre spectateur, devenez acteur. Rentrez dans la danse. Osez vivre au rythme du pays, d�couvrir ses coutumes, son folklore.
        Cette exp�rience, nous l'avons faite par la musique car son langage est universel. Mais il n'y a pas que la musique qui parle toutes les langues. Il suffit d'un geste, d'une image, d'un jeu, et deux cultures se rencontrent. Les enfants par exemple sont pourvus de grandes richesses. Ils n'ont pas de pr�jug�s. On leur apprend un mot de fran�ais et eux nous glissent un mot de quechua. On leur raconte l'Europe, leurs yeux p�tillent, et ils nous parlent de leurs parents, de l'�cole, des �tudes qu'ils veulent faire ou du pr�sident qu'ils n'aiment pas. Ils se targuent de savoir compter ou dire " Hello ".
        Sur les march�s ou en ville, une fois blancs, nous recevons une �tiquette : " gringo ", ce qui signifie aussi pour eux " argent ". Voil� pourquoi on essaie de vous fourguer de la marchandise au prix le plus �pic�, et qu'on vous ouvre votre sac. Il faut �tre prudent et apprendre � marchander. La situation �conomique est tellement peu semblable � la n�tre que nous avons l'impression de faire des affaires et le commer�ant aussi. Il suffit de se prendre au jeu.
        Mais il n'y a pas que le jeu car certaines r�alit�s sociales frappent et mettent mal � l'aise. Passer tout son voyage dans un h�tel quatre �toiles n'est certes pas des plus enrichissants, mais visiter des bidonvilles ou des communaut�s indig�nes toute la semaine n'est pas non plus conseill�. En Equateur, nous avons eu l'occasion de rencontrer diff�rentes classes sociales qu'un foss� s�pare. De simples petits d�tails nous rapprochent ou nous donnent mati�re � discuter. " Pepino ? Granadilla ? Non, je n'ai pas cela chez moi. Ce sont des fruits ? " Alors on go�te, on essaie, on donne son avis.
        On se rend compte aussi que certains vont � la messe deux fois par semaine, que la religion est tr�s importante dans leur vie. Les �glises sont tr�s kitsch, tr�s riches, ou les deux. Les hommes de Pizarro avaient bien compris que l'or �voquait pour les Incas leur dieu du soleil et que pour les rattacher � la religion catholique, c'est ce mat�riau qu'il fallait employer. Ils restent d'ailleurs fort marqu�s par l'�poque coloniale. Un exemple tout simple : le jeu d'�checs. Ce ne sont plus les pions noirs contre les blancs mais les Espagnols contre les Incas.
        Un simple touriste est l� pour voir et profiter. Nous avons voulu �changer et rencontrer. Cela demande du temps et de la motivation, parfois des troubles intestinaux, des courbatures ou des pincements au c�ur mais le r�sultat est incomparable. Nous avons tant � apprendre et les autres ont tellement � nous apporter. On se rend compte que partout sur le globe, les besoins sont identiques, nous agissons tous selon des sentiments similaires : le bonheur, la vie, l'amour, la famille,� O� que l'on aille, ils ont leur importance m�me si on les vit diff�remment. Pour nous cette d�couverte fut comme un coup de soleil mais aussi un coup de poing port� � notre petit nid douillet.

Camille Poysat et K�vin Keunings, rh�toriciens.



Carnets de voyage�

Dimanche 24 octobre, premiers pas en Equateur

������������������������        Samedi matin, l'excitation est � son plus haut point. Nous nous sommes lev�s aux petites heures pour embarquer � Bruxelles � 8h30. 12 heures de vol jusque Quito. Le voyage ne nous para�t pas trop long entre les pauses lecture, dodo, et fous rires. Et puis, il y a l'�merveillement : nous sommes coll�s au hublot de l'avion, � scruter le paysage andin qui d�file � l'infini � Nous arrivons � l'a�roport dans l'apr�s-midi du samedi, heure Equateur, et nous y sommes accueillis comme des stars avec appareil photo et cam�ra, par Nelly, France et Rafaelle, nos trois accompagnateurs Iles de Paix. L'atterrissage est un grand moment pour tous, car la piste nous para�t bien courte et si proche des habitations � Nous mettons ENFIN les pieds en Equateur, apr�s un an de pr�paration, et ce n'est pas sans un petit pincement au c�ur que nous d�barquons dans ce pays dont nous avions tant r�v� �
        Tout se passe donc pour le mieux jusqu'� la r�ception des sacs o� un gros probl�me nous tombe dessus : il manque le sac d'Isabelle, oubli� quelque part � Madrid !!! Elle garde le sourire malgr� tout, m�me si elle ne le r�cup�rera que dans quelques jours. Premier contact avec la ville et son trafic, mais nous sommes si fatigu�s que le temps de nous installer, de manger un bout, nous nous endormons bien vite, la t�te d�j� remplie de ce paysage magnifique : la douceur du climat, les montagnes et la verdure qui nous entoure, m�me en pleine ville. Bref, en nous r�jouissant d�j� ne nous r�veiller le lendemain, la journ�e charg�e de d�couvertes � faire, sans imaginer un seul instant que la nuit serait courte, tr�s courte. Le d�calage horaire nous sort du lit en pleine nuit et certains sortent d�j� un jeu de cartes pour tuer le temps �
        Le dimanche matin, nous prenons le temps de faire une visite �clair d'une superbe exposition d�di�e � la tombe du Se�or de Sip�n, un seigneur Inca enterr� avec tous ses atours d'or, d'argent et de pierres pr�cieuses. Rien que le site vaut le d�tour car le mus�e est install� au sommet d'une des nombreuses collines qui dominent la capitale, une ville d�mesur�e quand on songe � Li�ge. Le voyage en car jusque Riobamba, notre premi�re �tape, est long, tr�s long, mais nous profitons du paysage que nous d�couvrons le long de la Panam�ricaine, ce long ruban d'asphalte qui traverse tout le pays du Nord au Sud, en creusant son chemin entre deux cordill�res ponctu�es de volcans enneig�s. Nous arrivons en fin d'apr�s midi � Chambo, � cinq kilom�tres de Riobamba, dans les locaux du CEAS (Centro de Estudio y Acci�n Social) o� nous passons la nuit.

Jeudi 28 octobre, quatre jours avec les Iles de Paix�

������������������������        Lundi, apr�s un bon petit d�jeuner, nous prenons le car pour nous rendre � Pangor que tous les " pro " des Iles de Paix connaissent puisque c'est l� que s'est construite une " casa campesina " o� se r�unissent les communaut�s indig�nes de la r�gion afin de suivre entre autres des formations. Notre premi�re escale de la journ�e est Balbonero, petite ville pittoresque avec sa place, son march� et son �glise. Ensuite, direction Columbe, � plus de 3200 m�tres d'altitude, l� o� vit une communaut� soutenue par les Iles de Paix. Le soleil est avec nous, tr�s haut dans un ciel bleu qui nous permet de d�couvrir la montagne andine dans son relief � la fois tourment� et paisible. Tourment� avec ses multiples vall�es qui croisent leurs versants avant de s'effacer derri�re des sommets plus importants. Paisible car m�me � cette altitude, la montagne n'est qu'un jardin qui aligne des petits lopins de terre cultiv�s qui dessinent un v�ritable patchwork dans les tons de brun et de vert. L'accueil de la communaut� est extraordinaire : une table dress�e pour nous en plein air, au milieu de la place, et tout autour, un cercle de chaises install�es pour assister � un spectacle. Nous ne savons pas encore que nous serons les acteurs de ce spectacle et chacun y mettra du sien. Katia, qui ma�trise tr�s bien l'espagnol, r�pond aux questions, Romain s'initie au m�tier � tisser, Camille et Luca s'essayent � la guitare, et tout le monde se retrouve pour une danse improvis�e sous le regard amus� de nos convives �
        Notre premi�re nuit � la Casa Campesina de Pangor nous s�pare en deux dortoirs : le plus grand pour les filles, un plus petit pour les gar�ons et pour tous une douche glac�e qui ne r�jouit que Malu, une adepte de la douche �cossaise.
        Le lendemain, nous nous levons t�t, tr�s t�t : 5h00 ! Et dire qu'il y en a qui croient que nous sommes en vacances !!! Aujourd'hui, nous passons toute la journ�e dans des familles andines par petits groupes de trois, pour partager leur vie quotidienne. Une journ�e froide car le soleil ne parvient pas � chasser les nuages mais tr�s int�ressante, une exp�rience unique, remplie de rencontres inoubliables. Chaque groupe partage avec sa famille des moments tr�s forts. Il y a ceux qui construisent une maison et pour cela, il faudra abattre un arbre, puis l'�laguer, puis le scier, puis placer les poutres, autant de t�ches qui nous auraient paru impossibles deux jours plus t�t ! Il y en a d'autres qui vont entretenir les champs et r�colter les pommes de terre, d'autres suivront un fromager et ses �nes dans sa tourn�e de r�colte du lait, d'autres encore aideront une institutrice en jouant avec les enfants � Ce sont autant de petits gestes qui appartiennent � leur quotidien et dont les indig�nes sont fiers car ils leur permettent de gagner leur vie dignement. Cette complicit� d'un jour nous a ouvert les yeux sur une autre r�alit� et nous �tions fiers, nous aussi, d'avoir pu les aider m�me si notre efficacit� en terme de rentabilit� est encore � prouver� De retour � Pangor, quel plaisir de nous retrouver et de pouvoir �changer sur une journ�e qui fut magique pour tous malgr� un froid humide et glac� ! Le soir, une grande f�te est pr�vue. Avec les indig�nes de la communaut�, nous �changeons nos spectacles et de multiples farandoles� Bref une tr�s belle soir�e pleine d'ambiance, de jeux et de fous rires, surtout avec les enfants.
        Mercredi, nous quittons Pangor pour Chillanes, un autre village en pleine montagne, mais cette fois nous descendons � 2 000 m�tres d'altitude, ce qui nous permet de d�couvrir � Chiriacu, des vergers de m�res et de granadillas, une vari�t� de fruits de la passion, qui se sont d�velopp�s suite aux formations des Iles de paix. Ensuite, nous traversons une for�t tropicale s�che o� croissent des bananiers et de la canne � sucre. On va tous s'essayer � tailler les branches de canne pour le plaisir de les sucer mais le must sera le verre de jus frais obtenu gr�ce � un moulin en bois moyen�geux et tract� par les hommes � d�faut d'�nes ou de b�ufs. Chillanes s'articule autour d'une place qui r�unit les villageois en fin d'apr�s-midi. Mais c'est l� aussi que se trouve notre premier cybercaf�. Notre temps libre de l'apr�s-midi, nous le passons � nous relayer devant le petit �cran mais aussi � nous balader dans la ville. Les gar�ons vont m�me jouer un match de volley sur la place contre des jeunes de la ville. Le soir, on se retrouve tous r�veurs devant un superbe coucher de soleil sur les hauteurs de la ville. Le cr�puscule qui tombe sur la montagne s'enflamme de mille feux qui �tirent les nuages avant de sombrer rapidement dans la nuit noire.
        Jeudi matin, nous visitons une fabrique artisanale de caf� sponsoris�e par les Iles de Paix. Ensuite nous sautons dans des bennes de jeep pour partir � la d�couverte de la campagne environnante en empruntant des pistes de terre battue inaccessibles pour notre car. Une journ�e sous le soleil � d�guster de la poussi�re pour notre plus grand plaisir. L�-haut, nous attend une imposante plantation de fruits et c'est le plaisir de la maraude sous le regard bienveillant des membres de la coop�rative. Sous un ciel pastel, nous d�gustons des m�res vermeilles, des granadillas dor�es et juteuses, des tomates bien de chez nous mais d'autres encore qui ne poussent que dans les Andes, des tomates d'arbre, c'est paradisiaque. L'apr�s midi, il faut reprendre la route pour Riobamba. Nous avons choisi la plus longue, celle qui nous permet de descendre jusqu'� 800 m�tres d'altitude, juste pour " go�ter " au climat chaud et humide. Ce qui nous permet aussi de d�couvrir des arbres � cacao avec ses cabosses, des noix de coco, des ananas, des papayes, des bananes jaunes et rouges et d'autres fruits encore que nous go�terons sur le bord de la route dans un petit �tal color�. Arriv�s � Riobamba, nous devons quitter France et Rafaelle, nos deux accompagnateurs Iles de paix, et ce n'est pas tr�s facile� Retour au CEAS o� nous passons la nuit.

Dimanche 31 octobre, les ateliers du CEAS

������������������������        Vendredi matin, nous partons en car vers une autre communaut� situ�e tr�s haut dans la montagne, si haut que nous avons bien cru ne pas y parvenir tant la piste �tait sinueuse et �troite pour notre car. Ni�o Loma r�unit une communaut� d'une vingtaine de femmes qui se sont organis�es pour subvenir � leurs besoins. Les hommes sont tous descendus � la ville � la recherche d'un emploi et lorsqu'ils reviennent au village, ils laissent un souvenir qui prend la forme d'une nu�e de bambins qui sont accroch�s au dos de leurs m�res ou de leurs s�urs. Fernando qui nous accompagne et que les femmes appellent " el ingeniero " va nous demander d'assister les femmes dans leur travail de la journ�e. Nous formons trois groupes : certains vont aider � vacciner les vaches, les cochons et les moutons, d'autres s'occupent du potager tandis que les derniers plantent des arbustes qui soutiennent les terres, tout cela dans un joyeux brouhaha. L'exp�rience s'av�re � la fois tr�s int�ressante et tr�s dr�le, car encore une fois, nous ne sommes pas trop dou�s pour attraper le b�tail et nous nous rendons compte que le travail des indig�nes est assez difficile, surtout en altitude� Nous avons du mal � suivre le rythme et pourtant, nous sommes l� depuis une semaine et nous pensions nous �tre adapt�s � trouver notre souffle � Apr�s un nouveau repas partag� de f�ves, de pommes de terre et de fromage blanc, nous repartons pour Riobamba. Les voyages sont longs et fr�quents et nous cassent un peu dans notre motivation, mais nous retrouvons toujours notre �nergie et le sourire quand nous nous r�unissons pour l'une ou l'autre activit�.
        Samedi matin, nous avons rendez-vous avec des �l�ves �quatoriens du coll�ge : les contacts envahissent toutes les rues de la ville. Une exp�rience haute en couleurs et en saveurs ! L'apr�s-midi, nous nous rendons dans le centre sportif du coll�ge, situ� � l'ext�rieur de la ville, � 3 000 m�tres d'altitude o� nous organisons une partie de football. On a bien vu que les Equatoriens avaient plus d'endurance que nous !!! La rencontre avec les �tudiants de Riobamba est tr�s riche, nous rencontrons enfin des personnes de notre �ge, d'un milieu de vie plus ais� que tout ce que nous avions d�j� vu, l'�change est donc important entre nos deux groupes� Il faut dire que les jeunes de notre �ge qui vivaient dans les communaut�s villageoises �taient d�j� mari�s, parents d'un, voire deux enfants et confront�s � des probl�mes quotidiens qui cr�aient entre nous une barri�re, malgr� notre bonne volont�. La journ�e se termine et apr�s quelques adieux, nous retournons au CEAS o� nous nous endormons tr�s vite, la fatigue se fait sentir�
        Le dimanche, la journ�e sera longue car nous devons passer plusieurs heures dans le car pour nous rendre � Ibarra, situ�e au Nord de Quito, � plus de 350 kilom�tres de Riobamba. Mais notre rencontre avec la ville blanche et nos h�tes sera un autre coup de c�ur. Les filles sont install�es dans une maison priv�e qui, pour elles seules, devient auberge. Il faut imaginer un patio fleuri et paisible sur lequel donnent toutes les chambres de la maison. Les propri�taires sont un couple qui tient �galement un caf� qui se veut branch�, diff�rent de tout ce qui se fait en Equateur. C'est un peu comme si nous �tions au caf� du Parc ou quelque part en Roture. Les gar�ons, moins chanceux, sont log�s � deux pas, dans un petit h�tel tr�s confortable mais plus anonyme. Le soir, Olmedo, notre h�te, nous emm�ne pr�s de l'imposante statue de San Miguel qui surplombe la ville. La vue est exceptionnelle, la ville scintille de toutes ses lumi�res, comme un lac �lectrique. Nous restons muets, � contempler ce spectacle, toujours plus beau d'une fois � l'autre.

Mardi 2 novembre, la Toussaint

������������������������        Lundi matin, nous visitons la ville qui s'offre � nous dans toute sa tranquillit�. En fait, tout le monde ensemble parti en vacances pour le cong� de la Toussaint qui dure jusqu'au mercredi. Ibarra nous para�t d'autant plus paisible que Riobamba nous a habitu�s � un rythme de vie plus tr�pidant et p�taradant, dans une ambiance color�e et populaire. Apr�s le repas de midi, petite marche digestive oblig�e, nous nous rendons � la gare des bus pour partir vers la communaut� de San Clemente avec le " TEC Ecuador ". Apr�s une demi-heure d'un voyage pittoresque, nous arrivons dans une communaut� bien diff�rente de celles que nous avions rencontr�es auparavant. Ici, tout est d'une propret� surprenante. Des poubelles s�lectives sont install�es le long des chemins balis�s par des pierres blanchies � la chaux. Partout, aux alentours, des champs de pommes de terre, des pr�s o� paissent quelques lamas, des bancs publics, un d�cor bucolique� R�partis en groupes dans diff�rentes familles, nous passons l'apr�s-midi � pr�parer le " pain des morts " que nous mangerons le lendemain sur les tombes. De l'eau, de la farine, du sucre, de la graisse, de la levure, rien de plus simple. Le pain n'est pas du pain mais des petites figurines que chacun cr�e selon son inspiration. Elles sont ensuite cuites dans un immense four � pain qui rappelle nos fours � pizzas, install� dans le jardin. Le soir, une petite f�te r�unit toutes les familles de la communaut� avec chants et danses, c'est super beau et nous d�gustons des pop-corn sal�s et du th�, qui nous r�chauffe le corps et le c�ur� Et nous repartons tous dans nos familles respectives pour passer la nuit dans un site enchanteur car il s'�tire sur le flanc du volcan Imbabura face � la ville d'Ibarra qui appara�t toute blanche au fond de la vall�e.
        Le lendemain matin, nous partons pour le cimeti�re avec, dans notre besace, les petits pains cuits la veille. Le 2 novembre, c'est le jour des morts mais en Equateur, la foi soul�ve les montagnes et la vie l'emporte sur la mort. Dans le cimeti�re, personne n'est triste, tout le monde semble heureux de se retrouver en famille autour des tombes de leurs d�funts pour c�l�brer cette f�te, c'est assez impressionnant. On se recueille un instant avant de s'asseoir � m�me la tombe, afin d'y pique niquer tout simplement : des fruits, les pains dor�s, du coca et beaucoup de plaisir � se rencontrer et � bavarder. L'apr�s-midi, nous montons en camionnette jusqu'� Cotacachi avec son lac, le Cuicocha , situ� dans le creux d'un crat�re de volcan. Certains choisissent de faire la balade en bateau tandis que d'autres pr�f�rent monter � la recherche de panoramas qui coupent le souffle, autant pour la beaut� du paysage que pour la difficult� � grimper aussi haut en altitude.

Mercredi 3 novembre, le march� d'Otavalo

������������������������        Nous avons quitt� le " Cafe Arte " vers 8h30 pour nous rendre sur le march� d'Otavalo . Ce petit village, particuli�rement touristique, est un endroit merveilleux pour tout le monde : chacun y trouve son bonheur en souvenirs artisanaux. Les amoureux de la laine peuvent la trouver sous toutes ses formes : bonnets, gants, �charpes, pulls, tapis, sacs, hamacs,�et les indig�nes eux y trouvent leur compte. Tout le monde est revenu les bras charg�s de tr�sors : chapeaux, ponchos, poteries, bijoux, tee-shirt, pantalons, hamacs, sacs,�Quel plaisir de marchander et de se promener dans un march� aussi beau et color�. De retour � l'h�tel, nous avons d�ball� tous nos achats pour partager nos trouvailles. L'apr�s midi, nous avons eu temps libre dans la jolie petite ville d'Ibarra. Le soir, il y avait une grande fiesta au Cafe Arte pour notre derni�re nuit � Ibarra. Le fils d'Olmedo fait partie d'un groupe de musiciens et nous avons eu droit un � super concert avant une soir�e dansante et tout le monde s'est vraiment bien amus� pour notre derni�re soir�e dans la ville blanche.

Samedi 6 novembre 2004, c'est d�j� la fin�

������������������������        Depuis jeudi matin, nous sommes � Quito et nous profitons de nos derniers moments en faisant des visites plus culturelles et sociales. Nous visitons d'abord deux orphelinats dont l'un d'eux accueille les enfants dont les parents sont en prison. La rencontre avec les enfants est tr�s touchante, mais beaucoup trop br�ve. Le temps de prendre un petit dans nos bras, d'�changer une ou deux phrases, nous devons nous en aller. Micheline, une Belge qui vit en Equateur depuis trente ans, nous accorde alors deux heures de son temps pour r�pondre � nos questions et nous faire partager son exp�rience. Cette rencontre est tr�s enrichissante d'autant plus que cette fois, personne n'a eu besoin de recourir � un interpr�te pour se faire comprendre et nous quittons cette dame avec regret car le temps nous manque pour continuer l'�change avec elle.
        Le vendredi est une journ�e " J�suite ". Et oui, il en faut un petit peu quand m�me� Nous commen�ons donc la journ�e en visitant " El Centro del Muchacho Trabajador ", un centre encadr� par une �quipe am�ricaine qui attire des familles enti�res pour leur donner des formations professionnelles. Cette partie est plus th�orique, moins riche en rencontres, nous avons donc moins appr�ci� Ensuite, nous retournons au c�ur de la vielle ville de Quito pour nous rendre dans une petite cour et nous y rencontrons des personnes du troisi�me �ge qui confectionnent des mocassins en cuir, des cadres, des colliers et nous participons � leurs activit�s. Apr�s une heure, les v�t�rans sont remplac�s par les juniors, qui rentrent de l'�cole et viennent ici pour manger, jouer et faire leurs devoirs. Nous nous transformons donc en baby-sitter l'espace de deux petites heures et nous partageons leurs jeux. Apr�s avoir d�n� avec eux, nous traversons la route pour visiter un mus�e� j�suite !!! qui nous montre l'impact de la culture europ�enne sur le monde latino au d�but du si�cle dernier. Visite suivie de celle de la basilique de la Compa��a de Quito o� tout est charg� d'or jusque dans les moindres recoins de l'�glise, et c'est super impressionnant. Nous avons alors l'apr�s-midi libre pour profiter des derniers instants dans la ville, avant de rejoindre Pedro et Claudia, deux �quatoriens de notre �ge, pour f�ter notre d�part. La soir�e se passe tr�s bien, dans une ambiance de fin de voyage, on est tous un peu fatigu�s �
        Le lendemain matin, nous avons juste le temps de boucler nos bagages, de faire une petite �valuation et nous prenons le car pour aller jusque l'a�roport o� nous montons dans l'avion qui nous ram�ne en Belgique. Les yeux se ferment et d�j� les souvenirs envahissent notre esprit. Comment faire le tri dans cet afflux d'images o� les visages d'enfants, parfois graves, parfois rieurs, se superposent sur un paysage ouvert de collines rondes et vertes ponctu�es de maisonnettes simples mais si accueillantes ? Souvenirs �mus et nostalgiques de la gentillesse et de la simplicit� de ces gens qui n'ont pas h�sit� � �largir leur famille pour mieux nous recevoir �

Emilia (Huchant), Gregory (Knapic) y Carlota (Billard),
rh�toricien(ne)s


Les �les de Paix dans la r�gion de Pangor

������������������������        C'est un terrain de montagnes et de froid. C'est un terrain de brouillard et de soleil. C'est un terrain tellement peu hospitalier pour l'activit� humaine ! Et pourtant, que de rencontres, que de partages autour du feu, ou devant un bol de soupe !
        Entre 1 500 et 4 000 m�tres, s'�tendent diff�rentes communaut�s indig�nes, soutenues par les Iles de Paix : Columbe, Chillanes, Juan de V�lasco, Chiriyacu .... toutes r�unies dans la vall�e de Pangor, dans la province �quatorienne du Chimborazo, � quelques 200 kilom�tres au Sud de Quito.
        Les terres sont vastes et le regard s'�tend souvent au loin (si les nappes de brume le permettent !). Mais elles sont pentues, � un point tel qu'il semble peu possible que quoi que ce soit puisse s'accrocher sur cette terre. A certains endroits, seul le rocher appara�t, parce que, lentement, l'�rosion a emmen� la terre suite � une exploitation trop intensive du sol.
        Les communaut�s qui y habitent sont souvent des communaut�s indig�nes. Cela ne fait gu�re qu'une ou deux g�n�rations que s'est termin� le syst�me moyen-�geux des grandes propri�t�s terriennes, o� les indig�nes �taient consid�r�s quasiment comme des serfs. Sans doute, depuis lors, une grande �volution s'est faite : beaucoup de familles sont propri�taires de leurs parcelles ; l'enseignement s'est g�n�ralis�, sous l'impulsion d'organisations indig�nes et avec l'aide, nolens volens, de l'�tat �quatorien lui-m�me ; petit-�-petit les maisons sont construites en " dur " et ont acc�s � l'�lectricit� et � l'eau courante. Il n'emp�che : beaucoup reste � faire, notamment pour lutter contre la lente d�t�rioration des sols, pour diversifier les cultures, pour lutter aussi contre l'esp�ce de r�signation ou de conformisme indig�ne.
        Dans ce contexte, les principes fondamentaux des Iles de Paix font merveille :
  • " auto-ayuda " : le refus d'une aide pens�e et programm�e de l'ext�rieur de la r�alit� indig�ne ;
  • le dialogue communautaire : c'est dans le cadre des communaut�s indig�nes, en s'appuyant sur les structures qu'elles se donnent, qu'il est possible d'avancer ;
  • des actions � long terme, plut�t que des solutions rapides et purement alimentaires ;
  • l'effet " tache d'huile " : c'est-�-dire, en convaincre quelques-uns (et parfois plut�t quelques-unes), qui en convaincront d'autres.
������������������������        Des r�alisations ? Dans le domaine de l'agriculture, ce sont les champs en terrasse, qui dessinent un r�el " patchwork " sur la colline ; dans le domaine de l'�levage, ce sont les clapiers pour cochons d'Inde, qui permettent � ceux-ci de grandir et de se reproduire loin des pr�dateurs ; dans le domaine des infrastructures, c'est l'engagement d'ing�nieurs et de techniciens pour permettre la construction d'une route de 40 km dans la montagne, avec l'aide des pouvoirs publics et la main d'oeuvre des communaut�s locales ; dans le domaine commercial, c'est l'appui � la gestion de coop�ratives de production de caf� ou d'objets artisanaux ; et ce sont encore des ateliers de formation de techniciens agricoles, des appuis � la vaccination ou � la protection des r�coltes, de l'aide � la mise en oeuvre de projets d'irrigation ou de protection des sources d'eau. De toutes ces r�alisations, l'une d'entre elles m'a particuli�rement touch� : c'est le tout petit atelier de confection de cartes de No�l avec des personnes handicap�es � Chillanes et � San Juan de V�lasco : d�marrer quelque chose avec les plus pauvres des pauvres, c'est t�moigner avec force que le changement est possible, m�me hors de la logique de rentabilit� qui anime trop souvent notre monde.
        Les Iles de Paix se sont d�velopp�es, dans la r�gion de Pangor et dans d'autres r�gions du monde gr�ce � la solidarit� du Nord ... c'est vrai, mais elles n'auraient pu le faire sans la solidarit� du Sud :
" Indio solo,
  es como hebra de poncho  
que f�cilmente se rompe ;
a Indios unidos,
como poncho tejido,
nadie podr� doblegar. "
" L'Indien seul,
  il est comme la fibre du poncho  
qui casse facilement ;
tandis que les Indiens unis,
comme le poncho tiss�,
personne ne pourra les plier. "


A l'ensemble des personnes qui se sont engag�es dans l'organisation de la f�te,

Nouveaux venus au Coll�ge Saint Beno�t - Saint Servais,
� nous avons d�couvert en ce week-end de novembre�

" L'�cole en f�te "

������������������������        Nous avons appr�ci� l'ambiance qui r�gnait dans la cour, le restaurant, le B�guinage ou aux �tages (nous n'avons malheureusement pas eu l'occasion de nous promener du c�t� des halls de sport). Nous avons appr�ci� le repas et le service du restaurant. Nous avons appr�ci� l'implication des �l�ves et leur cr�ativit� ; les d�cors exceptionnels du 3�me �tage; une exposition o� l'art permet la d�couverte; le labyrinthe digne de D�dale; un Fort Boyard fortifi� et selon les �chos de nos enfants, fortifiant ; un reste de foire d'octobre � l'ambiance agr�ablement bruyante ; des annonces personnelles pour des pitas math�matiques, des plaisirs chocolat�s, des BD � bas prix... Nous avons surtout appr�ci� l'encadrement professionnel et amical de dizaines de professeurs et �ducateurs (au sens large), soucieux de laisser la place aux �l�ves tout en assurant un conseil, une aide, une pr�sence essentielle; des enseignants (toujours au sens large) engag�s, impliqu�s avec le sourire, preneurs d'initiatives (comme un souper de classe au c�ur du restaurant), montrant l'importance d'�tre acteur de la f�te et pour certains, se montrant artistes tout court !

������������������������        Nous voulions simplement faire �cho de ce plaisir que nous avons v�cu en famille dans votre �cole, qui devient aussi un peu la n�tre, et prendre un peu de temps pour que cet �cho vous parvienne.

������������������������        Avec nos meilleures salutations�


Des visages BCBG

La Marche de l'Avent des 3�mes

������������������������        C'�tait d�j� la neuvi�me �dition de la marche de l'Avent. Quelque 300 �l�ves de 3�me ont quitt� le coll�ge en milieu d'apr�s-midi, le mardi 23 novembre. Ils �taient accompagn�s par vingt-cinq �ducateurs et enseignants. Six cars les ont d�pos�s dans la campagne ardennaise, aux alentours de Stoumont. C'est dans la nuit tombante qu'ils ont travers� les bois pour converger vers l'ancienne petite �cole des filles du village : un chocolat chaud et des gaufres les y attendaient. Il y avait la magie de l'obscurit� : on essaie de se rassurer par les conversations bruyantes, par les cris ou parfois par les chants. Quelle exp�rience quand il est demand� de marcher en silence, pendant quelques minutes !� ne plus rien entendre, que le bruit du vent dans les arbres, et le clapotis des gouttes d'eau qui tombent apr�s �tre rest�es accroch�es dans les �pines apr�s les pluies abondantes de la journ�e. Les dieux de la m�t�o semblaient �tre de notre c�t� : d�s le d�but de la marche, la pluie avait cess�.
        Mais la marche n'�tait qu'une �tape au sein d'une d�marche plus large. Au cours de la semaine pr�c�dente, les �l�ves avaient, par classe, retravaill� le th�me de l'ann�e : " BCBG " pour � " Bons citoyens, bon groupe ". Pas de vie sociale, pas d'esprit de classe, pas de respect les uns des autres, pas de respect de notre environnement � sans engagement personnel ! Pas de droits ni libert�s, sans responsabilit�s ni devoirs ! Ces r�flexions devaient aboutir, dans les 11 classes, � une double production : d'une part, dessiner le visage d'un citoyen � un visage qui exprime l'exigence du th�me, l'exigence de nos r�ves partag�s d'une classe et d'une �cole respectueuses et responsables ; d'autre part, il s'agissait de produire quelques lignes : un petit texte qui permettrait de faire go�ter aux autres classes, les fruits de cogitations respectives.
        Apr�s la marche et le petit en-cas, tout le monde se retrouva � l'�glise du village. Le cur� de Stoumont nous laisse carte blanche : tout peut �tre d�plac�, � condition de le remettre en place apr�s notre c�l�bration. Les saints patrons de la paroisse ne voient pas souvent autant de jeunes � la fois dans leur mignonne �glise : en fait il n'y a habituellement que 180 places assises ! Pas un banc ne reste en place, tout est d�plac� ; mais surtout un bon nombre de chaises sont rajout�es : sans compter que le tapis du ch�ur tombe � pic pour asseoir les derniers arriv�s. Si vous interviewez les jeunes, les uns diront qu'il s'agissait d'une " messe " ; d'autres parleront de " spectacle ". Ni l'un ni l'autre : ce sont les jeunes qui mettent en commun leurs r�alisations : les visages dessin�s sont projet�s au plafond de l'�glise, les textes sont lus par les �l�ves eux-m�mes ; le tout �tait soutenu, cette ann�e, par les talents musicaux et vocaux de C�lia, Marine et C�cile. La chanson fran�aise est remplie de perles : des textes qui font r�fl�chir, m�diter et prier. Tout cela nous a conduit � red�couvrir le myst�re de l'Incarnation : un Dieu (pas celui de la m�t�o !) qui r�ve d'�tre aim� pour lui-m�me, pas pour sa toute-puissance ; un Dieu qui se propose � nous en libert�, sans imposer, sans s'imposer. C'�tait le myst�re r�v�l� par le visage du nouveau-n� dans les bras de sa m�re !

Thierry Dobbelstein sj, professeur


Extrait de la revue "Echos 34" PDF