Association royale des anciennes et anciens élèves du centre scolaire Saint-Benoît Saint-Servais
 
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Quand les Rh�tos de Saint-Beno�t Saint-Servais rencontrent le Premier ministre ...

Il y a de cela quelques semaines, le Premier ministre s'est adress� aux jeunes de Belgique sur Internet. Dans une lettre ouverte, il leur faisait savoir qu'il �tait dispos� � recevoir une quarantaine de personnes entre 18 et 25 ans qu'il choisirait (ou plut�t qu'un comit� de lecture choisirait pour lui) sur base d'une lettre que les jeunes devaient lui envoyer. Mais attention, pas n'importe quelle lettre, ni � n'importe quel sujet. Une lettre traitant de la mondialisation, de ses avantages et de ses m�faits et proposant des solutions alternatives. Tout un programme ...

Nous sommes quelques �l�ves � participer � un cours de religion � option anim� par Monsieur Radoux et qui a justement pour th�me la mondialisation. Nous avons donc particip� � ce mini concours (malgr� le fait que nous n'avions pas 18 ans) et � notre plus grande surprise deux des lettres que nous avions envoy�es ont �t� retenues : celle de Godefroy Grosjean et la mienne.

Honn�tement, je ne m'y attendais pas du tout. J'avais �crit spontan�ment, na�vement mais en me rendant bien compte que j'�tais loin d'�tre un expert en la mati�re. Mais qu'� cela ne tienne, si j'avais �t� choisi, c'est que ma lettre n'�tait pas si stupide que cela. Puis l'occasion �tait toujours bonne � saisir, le Coll�ge m'offrait gracieusement une demi-journ�e de vacances et j'allais rencontrer et m�me discuter avec Guy Verhofdstadt. Je ne pouvais pas bouder ma chance.

Donc, j'y suis all�. Le rendez-vous �tait � Bruxelles, � la Fondation Roi Baudouin, dans un cadre prestigieux. Je me r�jouissais, j'avais le sentiment de me rendre utile, que j'allais �tre entendu. Bref, j'�tais ravi. J'ai vite d�chant� lorsque nous avons finalement rencontr� le Premier ministre. J'allais devoir revenir sur mes belles opinions. Non, nous ne serions pas �cout�s et non, nous ne pourrions pas changer le monde en discutant avec Verhofstadt. Nous �tions l� pour �tre vus (il y avait plus de journalistes dans la salle que de jeunes). Ou plut�t pour que le Premier ministre soit vu, avec des jeunes en train de discuter sur un sujet � la mode et ce, � quelques encablures des �lections. J'avais l'impression d'�tre une b�te de foire dans un grand cirque m�diatique. D'ailleurs, le Premier ministre, cens� �couter nos propositions et r�agir de temps � autre, a bien plus parl� que les jeunes. Il a monopolis� le crachoir pour nous convaincre que ses solutions �taient les meilleures et qu'elles seules m�ritaient d'�tre poursuivies. Nous, nous assumions pendant ce temps le r�le de d�cor. Dommage, je ne pr�tends pas que mes solutions �taient plus int�ressantes que les siennes, mais juste qu'elles valaient la peine d'�tre �cout�es. Ca n'a pas �t� le cas. L'�change �tait � sens unique.

J'aurais appr�ci� un vrai dialogue, � la place de quoi nous avons eu un grand show destin� � soigner une image de marque. Mais finalement, ce n'est pas si grave. Il faut des initiatives de ce genre. Celle-ci �tait un �chec mais d'autres seront probablement plus r�ussies. Si peu dispos� qu'il soit � nous �couter, peut-�tre avons-nous r�ussi � modifier l�g�rement les opinions de Verhofstadt. Et �a c'est capital. Puis, cela montre qu'� condition d'�tre motiv�, de vouloir �tre �cout�, il reste des portes ouvertes, aussi minces soient elles et qu'un �change est encore envisageable. C'est r�confortant.

Extrait de la revue "Echos 31 bis"
Martin Deleixhe

�l�ve de 6G


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