Association royale des anciennes et anciens élèves du centre scolaire Saint-Benoît Saint-Servais
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Bruits de couloir


L’histoire est on ne peut plus simple. Nous avions alors comme « prof » de Latin une gentille petite dame dont la taille ne devait pas dépasser le mètre cinquante. Jusque là, vous me direz : quoi de plus banal ? De même que lorsque sa petite voix ne parvenait pas à faire taire des grands méchants élèves de 15 ans ! Mais notre goût du risque allait suffisamment loin que pour tourner ceci en dérision naturellement. Quelle ne fut pas alors la bonne idée des élève : tout simplement celle d’apporter un poster de Michaël Jordan en grandeur nature. C’est ici que l’histoire commence à devenir marrante… Notre chère prof s’est à un moment appuyée sur le poster sans jamais l’avoir regardé, ni donc compris ce qui arrivait. Un de nos condisciple dont le banc était proche (Eric se reconnaîtra) n’hésita alors pas à se lever pour aller marquer sur le poster ou arrivait la tête de notre chère prof une fois cette dernière retournée vers le tableau.

Une fois n’est pas coutume (hum), l’hilarité générale gagna la classe. Et notre pauvre prof de ne pas comprendre ce qui lui arrivait une fois de plus… Comme si cela ne suffisait pas, la bonne humeur qui avait envahi la classe nous grisait, c’est alors que les concerts de bics et autres ‘bruits de cuisine’ finirent par mettre les nerfs de notre pauvre prof à rude épreuve. Et ils n’ont naturellement pas tenu le coup. Nous sommes alors peu à peu sorti dans le couloir pour nous calmer. Enfin, ‘nous’ calmer, c’est un grand mot, le professeur nous invitait également à 2 heures de retenue tout en nous proposant de sortir de la classe pour qu’on arrête. Alors que la moitié de la classe s’était faite sortir, un de mes condisciples et moi-même décidâmes d’aller ‘communiquer’ notre bonne humeur aux autres élèves. Le problème, c’est que Monsieur Renaud, alors surveillant, en avait décidé autrement. Il nous donna alors 2 autres heures de retenue pour ‘vagabondage intempestif’ dans les couloirs (vous connaissez aussi bien que moi les termes techniques et le jargon des mots de retenue écrits par nos chers surveillants). Non contents de s’être faits sortir en d’avoir pris 4 heures de retenues, nous décidâmes de rentrer en classe à la fin du cours afin d’engueuler un bon coup la prof puisque nous avions pris 2 heures de retenue de plus « à cause d’elle ».

Renseignements pris auprès de notre défunt Préfet de l’époque, Monsieur Hansen, la prof comprit alors que ce n’était pas lié à notre sortie de la classe mais à notre balade dans l’école. Elle décida donc de nous rajouter 2 heures pour l’engueulade. Je ne vous parle pas de retour à la maison, des coups de téléphones et de la privation de sortie pour le mois complet….

Nous eûmes donc droit à 6 heures de ‘réflexion’ pour méditer notre fameuse journée. Je crois qu’encore aujourd’hui, je remettrais bien ça. L’éducation, c’est vraiment une question de répétition !

Comme quoi même à 15 ans, les journées peuvent être bien remplies. Alors, parents, amis, si un jour votre enfant revient de l’école en disant qu’il a eu une journée difficile, ne pensez pas que la votre puisse avoir été bien pire !


Patrick Gilis (6D 2001)